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La traversée de la rivière Bérézina

La traversée de la rivière Bérézina en novembre 1812 lors de la campagne de Russie (actuelle Biélorussie).

L’année 1811 marque pour beaucoup d’historiens l’apogée de l’Empire français de Napoléon Ier alors que la campagne funeste de Russie marque le délitement de la Grande Armée. Armée si chère à l’Empereur.
Le 19 octobre 1812, la bataille de la Moskowa s’oriente, malgré de très nombreuses pertes, en faveur de Napoléon. En effet, les français sont entrés dans Moscou désertée et la tactique d’Alexandre Ier se retourne contre ses ennemis.
Ainsi la ville est en proie aux flammes, victime de feux provoqués par les prisonniers libérés avant l’évacuation.
La retraite de Russie débute donc en ce jour d’octobre. 

Un mois plus tard, le “général hiver” a fait son entrée et la Grande Armée, jadis composée des meilleurs combattants d’Europe, harcelée par les troupes russes et le froid, souffre déjà terriblement.

Le 22 novembre 1812, la situation est critique pour Napoléon Ier. Les troupes russes, réunies en trois armées, viennent de couper la retraite des Français en détruisant le pont de Borissov, qui permet le passage de la rivière Bérézina.
Le temps joue contre Napoléon, qui n’a pas le temps de chercher un autre passage. Oudinot est envoyé pour créer une diversion alors que l’Empereur appelle le général Eblé et ses pontonniers à Studianka.
Quatre cent hommes entrent dans la légende, se jetant dans l’eau glacée de la rivière Bérézina pour construire deux ponts, longs de 90 mètres de longs et 5 mètres de large.
Leur chef Eblé, mourra le 31 décembre des suites de la manœuvre. Seulement huit survivront. 
Pendant quatre jours, les français traversent d’une berge à l’autre. Le maréchal Victor, à la tête de 10 000 hommes, repousse héroïquement les assauts russes. La manœuvre est une magnifique réussite, et c’est un retentissant coup d’éclat de la Grande Armée et de son chef.
Le général Tchitchagov est démis de ses fonctions tant le camouflet est retentissant chez les russes.

Lors de la traversée de la rivière Bérézina en 1812, les retardataires restent de l’autre côté de la rivière Bérézina

Une deuxième idée reçue est à bannir sur cet affrontement. On raconte souvent que la Bérézina est une victoire au prix amer, puisque des milliers de personnes restent sur la mauvaise rive. Il faut savoir qu’en réalité, ces hommes et ces femmes sont des retardataires, maintes fois avertis par Eblé et les autres généraux. Une semaine après la fin des affrontements, Napoléon quitte les restes de l’armée et rentre à Paris.
Vous pourrez admirer le tableau de Janvier Suchodolski, dans une version inédite animée dans le Musée du Mémorial de la bataille de Waterloo 1815.

Antoine Charpagne – Responsable culturel du Mémorial de la bataille de Waterloo 1815