Forces en présence et artillerie

Les forces en présence dans la campagne de Belgique

La Grande Armée : 125 000 hommes. L’armée est composée de conscrits, tous étant des soldats aguerris, rescapés de l'Empire ou de la Guerre d'Espagne…
Les Alliés : 210 000 hommes

  • Une armée britannique composée de soldats britanniques pour la moitié et de mercenaires allemands formés à une discipline de fer pour l’autre. Ils sont réputés pour leur fermeté en défense.
  • Une armée néerlandaise faisant partie intégrante de l'armée de Wellington et commandée par le Prince d'Orange-Nassau.
  • Une armée prussienne extrêmement motivée et poussée par le sentiment naissant du nationalisme allemand et par un esprit de vengeance envers la France. Elle est peu expérimentée et peu endurante mais compte un grand nombre d’hommes.


L'artillerie

L'artillerie de l'époque est essentiellement composée de canons. La munition principale est un boulet dont le poids pouvait être de 6, 8, 9 ou 12 livres selon le type de canon avec une portée maximale de plus d’un kilomètre pour les pièces de 12. Ces boulets sont en fonte et n'explosent pas. Il y a également des boîtes à mitraille, enveloppes en métal léger contenant des billes (appelées biscaïens) fonctionnant comme d'énormes cartouches de chasse. La portée ne dépasse pas 400 mètres.

Les Britanniques disposent d'une munition nouvelle, le shrapnell. Il s'agit d'un boulet rempli de billes qui explose en l'air. Cette munition a une portée de 900 mètres et s'est avérée terriblement efficace à Waterloo. Les Britanniques en auraient tiré plus de 300.
 
Le fusil de l'époque est le fusil à silex dont la portée et la précision sont réduites. Le chargement par la bouche est long et le tir produit énormément de fumée. Par temps humide (ce qui est le cas à Waterloo), il y a beaucoup de ratés. Lors de l'affrontement, l'infanterie ouvre le feu à moins de 100 mètres de l'ennemi. Le combat continu ensuite à la baïonnette que les grognards appellent « la fourchette ».

Les armes des belligérants de la bataille sont différentes sur bien des aspects :
Le mousquet français (modèle 1777 modifié) tire une balle en plomb de 21 g. Le serrage de la balle dans le canon rend le tir plus précis mais l'arme est plus longue à charger (un coup par minute). Pour des raisons techniques, il a plus de ratés que le modèle britannique.
Le mousquet britannique dit « Brown Bess » tire une balle de 32 g ce qui le rend plus efficace contre les chevaux. La précision est moindre que le modèle français mais la cadence de tir est plus rapide (presque deux coups par minute).
Le mousquet prussien (modèle 1782 modifié) comporte une lame sur l'arme qui permet de déchirer la cartouche plus facilement qu'avec les dents. Ceci permet d'atteindre une cadence de presque trois coups par minute.
Il y a également à Waterloo la carabine Baker. Elle équipe deux régiments britanniques et la très professionnelle King's German legion dont des unités défendent la ferme de La Haie Sainte. Il s'agit d'une arme à canon rayé. Le chargement est long car il faut forcer la balle mais la précision est remarquable pour l'époque : 200 mètres. Ceci explique pourquoi la Haie Sainte n'a pu être prise que lorsque les hommes de la King's German Legion ont été à court de munitions.

La puissance de feu de l'infanterie des alliés était donc nettement plus grande que celle des Français.